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À la Berlinale, une Kristen Stewart saphique et sauvage

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À la Berlinale, une Kristen Stewart saphique et sauvage
Kristen Stewart en conférence de presse à la Berlinale dimanche 18 février.
ODD ANDERSEN / AFP

La star de Twilight campe une gérante de salle de gym amoureuse d’une bodybuilder dans le sanglant Love Lies Bleeding.

Envoyé spécial à Berlin

Un drame irlandais sur des religieuses maltraitantes (Small things like these), un portrait de femme en Iran (My favourite cake), une chronique du confinement par Olivier Assayas (Hors du temps), un film historique sur une jeune résistante allemande victime de la barbarie nazie (From Hilde, with Love ), un europudding futuriste sur l’impossibilité du deuil avec Gael Garcia Bernal (Another End)… La Berlinale ronronne.

Heureusement, A24 vient secouer une sélection sérieuse et sans surprise avec deux films moins prévisibles, A Different man et Love Lies Bleeding. La société de production américaine confirme qu’elle est le refuge des cinéastes qui ne tournent pas comme tout le monde. On lui doit ces dernières années des productions qui échappent au formatage : Uncut Gems, des frères Safdie, First Cow de Kelly Reichardt, The Whale, de Darren Aronofsky, La Zone d’intérêt, de Jonathan Glazer ou encore Everything Everywhere All at Once (EEAO), de Daniel Kwan et Daniel Scheinert (dit les Daniels), triomphe aux Oscars en 2023.

A Different man, d’Aaron Schimberg, en lice pour l’Ours d’or, ressemble à un remake d’Elephant Man par Woody Allen. Il imagine Edward, un aspirant acteur new-yorkais, atteint d’une maladie qui déforme son visage. Alors qu’il s’apprête à subir une opération chirurgicale, une voisine sympa et sexy s’installe dans l’appartement voisin. Elle est jouée par Renate Reinsve, la Julie en 12 chapitres de Joachim Trier. Edward est interprété par Sebastian Stan, méconnaissable sous le maquillage. Mais Adam Pearson, acteur et militant, lui, est véritablement atteint de neurofibromatose. Il apparaît dans la deuxième partie du film et apporte une ironie féroce à cette version subvertie de La Belle et la bête. Aaron Schimberg règle ses comptes à la beauté, ses diktats et ses privilèges.

Patriarcat pervers

Love Lies Bleeding, présenté hors compétition après avoir été dévoilé à Sundance, va encore plus loin dans l’affront à la bienséance. Sa réalisatrice, Rose Glass, n’est pas une inconnue. La Britannique a remporté le Grand prix du festival fantastique de Gérardmer en 2020 avec Saint Maud. Elle met ici en scène Kristen Stewart en gérante d’une salle de gym dans un trou paumé du Nouveau Mexique dans les années 1980. Coupe mulet et débardeur, l’héroïne de Twilight, présidente du jury à Berlin l’an passé, continue de casser son image de starlette. Lou vivote entre une sœur battue par son mari et un père patron d’un club de tir et collectionneur de scarabée. Ed Harris le campe avec un look improbable, mi-redneck mi-hippie. Lou flashe sur Jackie (Katy O’Brien, joli minois sur un corps musculeux), une autostoppeuse en route pour un concours de bodybuilding à Las Vegas. Les deux femmes ont à peine le temps de vivre une passion torride, entre deux piqûres de stéroïdes, que le premier cadavre d’une longue série complique leur idylle. Rose Glass ose tout, le gore et le mauvais goût, pour conter un empowerment féminin contrarié par un patriarcat pervers et une sororité dégénérée. Sous son allure de Série B poisseuse, Love Lies Bleeding est le film le plus réjouissant vu à Berlin ces premiers jours.


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