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César 2024 : le Collectif 50/50 critique le manque de diversité et de parité des votants

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César 2024 : le Collectif 50/50 critique le manque de diversité et de parité des votants

L’association estime que le système de sélection des membres de l’Académie cinématographique n’œuvre pas suffisamment en faveur de la diversité et de l’égalité.

Alors que la 49e cérémonie des César aura lieu ce soir, le Collectif 50/50 s’inquiète du manque de diversité et d’égalité au sein même du collège électoral qui décide de la présélection des lauréats de la soirée.

Il faut rappeler que le système de votes pour les César fonctionne en deux tours. Le premier, qui s’achève entre fin janvier et mi-février, permet aux votants de choisir plusieurs films et plusieurs personnes dans les différentes catégories. Les nominations finales leur sont alors communiquées et, entre la mi-février et le jour de la cérémonie, les membres nomment les films et les professionnels du cinéma favori dans chaque catégorie. Les lauréats ne seront révélés que le soir de la cérémonie.

Les votants eux-mêmes sont nécessairement des professionnels du cinéma. Bien que la liste soit confidentielle, le HuffingtonPost rappelle que l’on n’en «dénombre pas moins de 4 694 dont 56,5 % sont des hommes et 43,5 % des femmes (contre 30 % en 2020)» pour l’édition 2024. Un défaut de parité et de diversité socioprofessionnelle aux conséquences indirectes sur le palmarès de la soirée. Deux membres du Collectif 50/50, Lahoucine Grimich, producteur, et Fanny de Casimacker, déléguée générale du Collectif, ont pointé du doigt ces insuffisances dans les colonnes du HuffingtonPost .

Parité et diversité aux César : un changement de mentalité qui prend du temps

Lahoucine Grimich rappelle que, cette année, parmi les pré-nommés aux espoirs masculin et féminin, douze étaient issus de la diversité. Il n’y en a plus aucun dans la liste officielle des nommés. Pourtant, ajoute-t-il, depuis le #OscarsSoWhite, qui a émergé en 2015 en réaction à une cérémonie des Oscars où aucun nommé n’était issu de la diversité, et depuis les scandales Polanski et Bennacer – pour ne citer qu’eux – l’Académie des César travaille «à diversifier le collège électoral » en y incluant davantage de femmes, de jeunes ou de personnes avec des origines étrangères. Si ces efforts de transparence et de parité méritent d’être salués, ils sont encore trop timides estiment les deux militants.

«Par exemple pour la distribution, ils (L’Académie NDLR) ont fait en sorte d’aller chercher plus de diversité dans les profils, explique Fanny de Casimacker, notamment sur les questions de parité. Mais ils y sont quand même relativement bloqués, puisqu’ils n’intègrent que des gérants d’entreprise ou des membres de la direction», ajoute-t-elle. «Or, si on analyse un peu la parité dans les sociétés de distribution et de production, on aura toujours beaucoup plus d’hommes que de femmes dans les directions», souligne la déléguée générale du Collectif 50/50. De ce fait, les femmes qui ont des rôles à responsabilités mais qui ne sont pas considéré comme des membres de la «direction» sont lésées : «Elles ne peuvent pas être retenues pour être éligibles comme votantes aux César», déplore-t-elle.

Un «entre-soi sclérosant»

«Pour devenir membre de l’Académie, il faut être chef de poste, être dans la direction de boîtes et être parrainé par deux personnes. Donc il faut déjà avoir un réseau, déjà être dans la “famille du cinéma”», remarque Fanny De Casimacker, déléguée générale du Collectif. En ce qui concerne la diversité, l’effet de ruissellement entre le groupe des votants et la liste des nommés est tout aussi prégnant.

«Pour la production, il faut justifier d’avoir produit pas mal de choses donc cela veut dire qu’on intègre l’Académie qu’à partir d’un certain âge, explique Lahoucine Grimich. Ce qui limite beaucoup de choses parce qu’on sait qu’il y a aussi plus de diversité dans les plus jeunes générations. Et ce système de cooptation, tel qu’il est aujourd’hui, est un système qui privilégie l’entre-soi. C’est une cooptation entre hommes blancs d’un certain âge.», conclut-il, et cet «entre-soi est sclérosant».

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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