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« La Classe des coccinelles », sur Cortex : le quotidien d’enfants avec autisme dans une maternelle presque comme les autres

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« La Classe des coccinelles », sur Cortex : le quotidien d’enfants avec autisme dans une maternelle presque comme les autres
Image extraite du documentaire « La Classe des coccinelles », de Benjamin Laurent.

CORTEX – À LA DEMANDE – DOCUMENTAIRE

C’est une classe de maternelle, qui ressemble à tant d’autres, avec des petits bancs, des dessins au mur, des caisses de matériel pédagogique… et des enfants qui s’ébattentnt, sous le regard bienveillant de leur enseignante. Pourtant, cette Classe des coccinelles, titre du documentaire du réalisateur Benjamin Laurent, n’est pas tout à fait ordinaire. Il s’agit d’une unité d’enseignement en maternelle autisme (UEMA). Préconisés par le troisième plan autisme (2013-2017), ces dispositifs spécialisés permettent d’accueillir, en petits effectifs, de jeunes enfants avec un trouble du spectre autistique, au sein d’une école maternelle classique.

Lire l’enquête (en 2019) : Article réservé à nos abonnés Autisme, de nouvelles approches pour intervenir tôt et autrement

Pendant trois mois, Benjamin Laurent s’est immergé dans le quotidien d’une de ces unités, à Grigny (Grand Lyon). On y découvre Liam, Zayim, Médine, leur enseignante spécialisée, Odile, et toute une équipe d’éducatrices et de professionnels (psychologue, psychomotricienne, orthophoniste…). Ici, les thérapeutes se déplacent pour intervenir dans la classe, et non les enfants qui vont dans leurs cabinets pour leurs soins.

Cette présence sur place est une différence avec les autres dispositifs spécialisés pour élèves avec handicap, type ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire), et une « vraie force, souligne l’enseignante, car on peut échanger en permanence sur l’accompagnement des enfants ».

Une évolution positive

Autre particularité, ces jeunes élèves n’ont, à leur arrivée dans l’UEMA, pas encore les prérequis à la scolarité. Ceux qui ont eu une première expérience en classe ordinaire se sont retrouvés en difficulté. Ainsi, l’année précédente, Médine était allé à l’école au maximum trois heures par semaine, et cela a été « très éprouvant » tant pour sa mère que pour lui, raconte sa référente. « On ne lui a pas donné l’occasion de montrer qui il était », poursuit-elle, en soulignant que, dans l’unité, avec le travail des professionnels, « il a pu progressivement reprendre confiance dans les adultes qui l’accompagnent ».

Pour l’équipe, le premier objectif est bien d’apprendre d’abord à ces enfants avec troubles du spectre autistique à regarder les autres, à interagir… Ce n’est que dans un second temps que sont travaillées les compétences scolaires. Cocon pour ces élèves à besoins très particuliers, l’UEMA n’est cependant pas fermée sur elle-même. Les enfants des classes ordinaires y sont invités à venir faire des activités avec leurs petits camarades. Au fil de ce documentaire tout en sensibilité, on voit s’ouvrir et progresser Liam, Médine et Zayim. Une évolution positive dont témoignent aussi leurs parents, et les professionnels.

Ces dispositifs de prise en charge précoce, encore peu connus, permettront-ils de changer la trajectoire de ces jeunes avec autisme ? A l’heure où la place des enfants avec handicap dans les écoles est de plus en plus remise en question, notamment par certains enseignants, le film de Benjamin Laurent est en tout cas un plaidoyer pour le vivre-ensemble, et l’acceptation des différences.

La Classe des coccinelles, documentaire de Benjamin Laurent (Fr., 2023, 52 min). Disponible en accès libre sur la plate-forme Cortex.

Source du contenu: www.lemonde.fr

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