Le grand retour de Pauvre Bitos, la pièce mythique qui fit scandale à la sortie de la guerre

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Dans Pauvre Bitos, chaque personnage, avec sa part de bêtise et de méchanceté, évolue dans une pièce toujours drôle, lorsqu’elle n’est pas émouvante ou exaltante.
Bernard Richebé/Théâtre Hébertot

Dix ans après la guerre, Anouilh déclenchait les passions avec cette comédie caustique sur l’épuration. Michel Bouquet y incarnait un procureur frénétique. Un rôle que reprend avec brio Maxime d’Aboville au Théâtre Hébertot.

Pauvre Bitos ou le dîner de têtes éclaire une période bien sombre de notre histoire. La pièce de Jean Anouilh, montée en 1956 au Théâtre Montparnasse, provoqua un choc ou plutôt un électrochoc. Michel Bouquet y tenait le rôle du triste «héros». À ses côtés, une belle tablée : Pierre Mondy, Bruno Cremer, Nicole Anouilh (sous le pseudonyme de Charlotte Chardon)… Dans Mémoire d’acteur, Bouquet se souvient du tohu-bohu que provoqua la générale : «C’était le 11 octobre. Certains allèrent jusqu’à qualifier la pièce “d’ordure” ou de “crachat” ; la plupart reprochaient à Anouilh de souiller l’honneur et la mémoire de la France, de mettre droite et gauche dans le même sac de fiel et de mépris, de ne sauver ni pauvres, ni riches : tous infâmes, lamentables, les Français qu’il mettait en scène… Mais si cette comédie grinçante fit violemment réagir le public, elle ne manqua pas de le faire venir en grand nombre : la pièce fut un triomphe.»

Les critiques furent assassines, oh oui !…

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Source du contenu: www.lefigaro.fr

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