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Aujourd’hui l’économie – Malgré la guerre à Gaza, une nouvelle route commerciale relie Israël aux pays du Golfe

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Aujourd’hui l’économie – Malgré la guerre à Gaza, une nouvelle route commerciale relie Israël aux pays du Golfe

C’est un effet inattendu des tensions en mer Rouge : une société israélienne associée à un partenaire émirien lance une nouvelle route commerciale terrestre pour contourner le canal de Suez. Elle relie Dubaï à Haïfa en traversant l’Arabie saoudite et la Jordanie.

C’était un rêve des Israéliens. Un rêve qui butait sur la quasi-absence des relations diplomatiques entre l’État hébreu et l’ensemble des pays du Golfe. La startup israélienne Trucknet met en relation transporteurs et exportateurs, elle y pense depuis longtemps. Elle avait même un projet pilote dans ses cartons. Les attaques des Houthis lui ont donné de bonnes raisons de passer à la vitesse supérieure. Elle signe en décembre un accord de coopération avec le transporteur émirien Puretrans. Dans la foulée, une dizaine de camions empruntent ce corridor terrestre, avec la bénédiction des autorités émiraties, jordaniennes et saoudiennes, malgré les tensions causées par la guerre dans la bande de Gaza. L’essai est concluant, Trucknet met aussi à la disposition de ses clients un transporteur égyptien et un autre basé à Bahreïn.

Une route alternative favorable aux intérêts israéliens

Cette route alternative évitant l’Égypte est une voie royale pour développer le port d’Haïfa, qui revendique un titre de porte d’entrée vers l’Europe. C’est aussi un moyen d’approfondir l’intégration économique avec les pays du Golfe. Cette route avait d’ailleurs été évoquée au moment de la signature des accords d’Abraham entre l’État hébreu et les Émirats arabes unis. Les pays voisins ont aussi beaucoup à gagner. En droits de douane pour les Émiriens et les Saoudiens et en accès élargi pour la Jordanie. Le Liban aimerait aussi profiter de cette nouvelle voie d’approvisionnement. L’armateur Hapag Llyod, le numéro 5 mondial, croit lui aussi au bienfait de la route pour désenclaver les ports saoudiens de la mer rouge. Il pourrait mettre en service une ligne reliant Dubaï à Jeddah, aujourd’hui coupée du monde à cause des tirs des Houthis.

Une concurrence pour le canal de Suez

Tant que les Houthis menacent les navires passant par la mer Rouge, ce corridor est un « rival » du canal de Suez. Parce que le voyage ne dure que 3 à 4 jours, au lieu de 10 par la mer, voire beaucoup plus si les cargos doivent contourner l’Afrique. Parce que le coût est aujourd’hui cinq fois moins cher que par la voie maritime, plombée par les primes de risque. Cette route express convient bien à des produits de petites tailles comme les produits électroniques ou des denrées périssables, les fruits et légumes que les Israéliens expédient en Orient par exemple. À condition que la sécurité soit garantie. Jusqu’à maintenant les Houthis évitent de cibler les bateaux émiriens ou saoudiens, ils pourraient changer d’avis. Sur le long terme, la voie maritime et le canal de Suez demeurent la meilleure solution, en coût et en accès, surtout pour des marchandises difficiles à transporter par camion comme le pétrole ou le gaz.

Source du contenu: www.rfi.fr

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