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Des milliers de motards manifestent en France contre le contrôle technique obligatoire des deux-roues

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Des milliers de motards manifestent en France contre le contrôle technique obligatoire des deux-roues
Des motards rassemblés avenue Foch manifestent contre l’instauration du contrôle technique pour les deux-roues motorisés, à Paris, le 13 avril 2024.

Des milliers de motards en colère, 10 000 selon les organisateurs, ont manifesté à Paris samedi 13 avril, durant l’après-midi, en appelant au boycott du contrôle technique obligatoire pour les motos, scooters et autres quads qui entre en vigueur lundi 15 avril en France. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes : les motards étaient entre 900 et 1 000 à Rennes selon la police, au moins 1 000 à Toulouse. La mesure est censée accroître la sécurité mais est contestée par de nombreux motards.

« C’est du racket pur et simple », dénonce Isabelle Lebret, membre de la Fédération française des motards en colère (FFMC), en faisant valoir que plusieurs autres pays européens n’ont pas adopté le contrôle technique pour les deux-roues, « comme l’Irlande, les Pays-Bas et le Danemark ». Les manifestants appellent au « boycott total » du nouveau contrôle technique, a insisté Jean-Marc Belotti, coordonnateur de la FFMC pour Paris et l’Ile-de-France.

C’est une directive européenne datée d’avril 2014 qui oblige les Etats membres à instaurer ce contrôle technique. De nombreux recours auront retardé son application en France, alors que le dispositif a été mis en place sur presque l’ensemble du continent européen avant la date butoir du 1er janvier 2022.

En France, un premier décret avait été pris par le gouvernement en 2021 avant qu’Emmanuel Macron ne l’enterre, soucieux de ne pas « embêter les Français ». Le gouvernement avait ensuite annoncé privilégier « des mesures alternatives » telles que des campagnes de sensibilisation. Il a dû finalement céder en 2023 sur décision du Conseil d’Etat.

Premiers contrôles pour les véhicules antérieurs à 2017

Les plus de trois millions de véhicules de catégorie L, soit les scooters, motos, tricycles ou voiturettes, échappaient jusqu’ici au contrôle instauré en 1992 pour les voitures. Ils doivent désormais passer par 78 points de contrôle. Freins trop usés, guidon flou, fuites, pneus lisses : 87 défaillances majeures impliquent une contre-visite dans les deux mois suivants avec le véhicule réparé. Le contrôle du bruit mais aussi du bridage du véhicule, souvent contourné par les scooters, ne sera effectif qu’à l’été de 2025.

Les premiers véhicules à passer au contrôle sont ceux immatriculés avant le 1er janvier 2017. Tous ces véhicules de catégorie L doivent également passer l’examen en cas de revente. Cette mesure a déjà poussé de nombreux motards à revendre leur engin avant la date butoir, ce qui contribue à doper le marché de l’occasion au premier trimestre 2024 (+ 6 % sur un an), selon l’assureur Solly Azar.

Le délégué général de la FFMC, Didier Renoux, martèle que les accidents ne sont en général pas dus à l’état du véhicule, bien entretenu par les motards, mais plutôt à l’état de la chaussée. Les « motards en colère » avaient demandé au Conseil d’Etat de suspendre en urgence la mesure, mais ils ont été déboutés mardi.

« On ne trouve aucun centre de contrôle technique »

Parallèlement, 27 députés de la majorité, dont le président de la commission des lois, Sacha Houlié, ont demandé au ministère des transports un « moratoire » sur ce contrôle technique en proposant d’autres solutions. Ils n’ont pas eu de réponse pour le moment.

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« Quand bien même je voudrais m’y plier, on ne trouve aucun centre de contrôle technique », a assuré à l’Agence France-Presse Sacha Houlié, qui pilote lui-même une sportive Yamaha. « Je vais faire mon entretien annuel, comme chaque année. Je ne connais aucun motard qui ne le fait pas », a dit le député.

Des députés du Rassemblement national ont aussi demandé l’abrogation du contrôle, en dénonçant une « obstination technocratique ». Depuis la confirmation du contrôle en octobre 2023, les centres de contrôle technique ont pourtant passé la surmultipliée pour recevoir l’agrément nécessaire.

Toute la France n’est pas couverte, mais près de la moitié des centres sont prêts, soit 3 000 contrôleurs, selon la fédération du contrôle technique. En Espagne, depuis l’instauration en 2006 du contrôle technique pour tous les deux-roues, la mortalité a fortement baissé pour les conducteurs de cyclomoteurs, mais pas chez les motards, selon la fédération des contrôleurs espagnols ; 17 % des deux-roues contrôlés en 2022 ont dû passer une contre-visite, et la moitié de ceux-ci souffraient de défaillances majeures. La plupart des défauts concernaient l’éclairage, la pollution ou le bruit.

En France, tous les véhicules de catégorie L doivent désormais être contrôlés tous les trois ans. Les conducteurs sans contrôle technique à jour risquent une amende de 135 euros ou une immobilisation du véhicule.

Le Monde avec AFP

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