Pour l’enseignement supérieur et la recherche, 904 millions de coupes budgétaires

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L’enseignement supérieur et la recherche sont parmi les plus touchés par les annulations de crédits de paiement décidés par un décret paru jeudi 22 février. Pour cette « mission », 904 millions d’euros d’économies sont demandés, soit presque 3 % de baisse sur un total de 31,8 milliards de budget. C’est un peu plus de 8 % de l’effort total demandé, pour des dépenses d’un secteur qui représentent environ 5,5 % du budget général.

Dans le détail, des programmes de cette mission devront se serrer fortement la ceinture. Le 172, qui finance les organismes de recherche, comme le CNRS, l’Inrae, l’Inserm ou Inria, doit annuler presque 5 % de son budget. Le 193, pour la recherche spatiale, sera amputé de 10 %. « C’est un choc et une sidération. On n’a jamais vu cela depuis plus de quinze ans, critique Boris Gralak, secrétaire général du Syndicat de la recherche scientifique. C’est évidemment inacceptable et cela envoie un signal catastrophique pour la recherche. »

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, concerné par 588 millions d’euros d’annulation sur les 904 millions, fait savoir que ces économies « portent essentiellement sur les réserves de précaution, des reports de projets pluriannuels immobiliers, d’investissements ou d’équipements de recherche, et un ajustement sur les appels à projets de l’Agence nationale de la recherche ». Il ajoute que « les salaires et moyens des laboratoires sont préservés », tout comme « l’ensemble des engagements sur la vie étudiante, le logement étudiant et la restauration ».

Annulation de crédits pour la « vie étudiante »

Il n’empêche que ces baisses mettent un coup d’arrêt à la progression budgétaire actée par la loi de programmation de la recherche (LPR) de décembre 2020, considérée comme « sanctuarisée » par beaucoup. Le programme 172, cœur du financement de la recherche, baisse même par rapport à cette loi : 324 millions d’euros de hausse votés en décembre 2023 pour le budget 2024, pour 383 millions de baisse par décret deux mois plus tard. « On ne voit pas comment les organismes vont pouvoir faire. Compte tenu de l’inflation, c’est deux ans de crédits de la LPR qui disparaissent », s’interroge Boris Gralak.

« Il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences pour le CNRS qui attend les arbitrages du ministère, note Antoine Petit, PDG de l’organisme. Il est compréhensible que chaque ministère soit mis à contribution, mais faire l’impasse sur la recherche, ce serait faire l’impasse sur le futur ! » Le 7 décembre, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, dans un discours enthousiaste pour la recherche, avait dit s’engager « à continuer de donner plus de moyens ».

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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