Questions d’environnement – Alerte sur un probable trafic d’huile de palme

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Se dirige-t-on vers un énorme scandale de trafic d’huile de palme? C’est ce que suppose une enquête de l’ONG Transport et environnement. Alors que le secteur aérien utilise de plus en plus d’huile de cuisson usagée pour faire du bio diesel ou du biokérosène et ainsi se décarboner, une récente étude montre que certains pays exportateurs d’huile de cuisson usagée, la remplacent frauduleusement par de l’huile de palme pour la revendre en Europe où celle-ci est interdite. 

L’Europe consomme aujourd’hui 130 000 barils d’huile de cuisson usagée par jour, soit huit fois plus que ce qu’elle parvient à collecter dans les restaurants. Elle doit donc importer cette huile à des pays comme la Chine et la Malaisie. L’ONG Transport et environnement a donc analysé les données de marché de ces deux pays avec des résultats troublants. La Malaisie exporte ainsi trois fois plus d’huile que ce qu’elle déclare collecter. Quant à la Chine, ses données de collecte et d’exportation sont comparables, mais les chiffres de la collecte devraient être supérieurs pour prendre en compte la consommation chinoise de ces huiles. Pour l’ONG, ces incohérences prouvent avec quasi certitude qu’il y a fraude. Une fraude qui devrait même s’intensifier à l’avenir selon Jérôme du Boucher de Transport et environnement.

La demande européenne en huile de cuisson usagée est bien plus importante que sa collecte.

La compagnie aérienne Ryanair, par exemple, veut que 12,5% de ses vols se fassent avec des carburants durables d’ici 2030. Mais pour atteindre cet objectif, il faudrait que Ryanair utilise 100% de l’huile collectée en Europe à elle seule. La demande en huile de cuisson usagée est telle que l’Europe importe 80% de ce qu’elle consomme. Profitant des contrôles assez laxistes, certains en profitent  pour la remplacer par de l’huile de palme, interdite en Europe, car issue de la déforestation. 

Quelles solutions?

Pour Jérôme du Boucher, de Transport et environnement, il y a une évidence. La consommation européenne d’huile de cuisson usagée pour les biocarburants est passée de 5,2 mégatonnes en 2021 à 7 mégatonnes en 2023. Il va donc être compliqué d’arrêter les importations. L’autre solution pour Jérôme du Boucher, c’est de développer les carburants de synthèse à base d’hydrogène vert. 

Source du contenu: www.rfi.fr

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