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Au Sénégal, la mobilisation contre le report de l’élection ne faiblit pas

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Au Sénégal, la mobilisation contre le report de l’élection ne faiblit pas
Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre dans les rues de Dakar (Sénégal), le vendredi 9 février.
JOHN WESSELS/AFP

DÉCRYPTAGE – Alors que les appels à manifester se multiplient dans le pays, depuis vendredi, trois personnes sont décédées en marge des rassemblements.

Envoyée spéciale à Ziguinchor

À Ziguinchor, capitale de la Casamance, la seconde journée de manifestations s’est terminée dans le deuil. Landing Camara avait 16 ans. Il est décédé tard samedi soir à l’hôpital régional des suites d’une blessure à la tête. Dans les quartiers de Lyndiane et Grand-Dakar, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre avaient débuté samedi en fin d’après-midi et se sont poursuivis jusque dans la nuit.

Une majorité de jeunes garçons, dont des mineurs, protestaient contre le report de l’élection présidentielle, qui devait se tenir le 25 février prochain. «Notre président a refusé de quitter le pouvoir. S’il avait laissé notre pays faire les élections, ces problèmes que vous voyez n’arriveraient pas», explique un jeune homme qui souhaite garder l’anonymat par peur de représailles.

Dimanche matin, Ziguinchor était plongée dans le calme, alors que se propageait la nouvelle de la mort du lycéen. «Il y a beaucoup d’émotion. La famille est dévastée», affirme Seydou Mandiang, coordinateur du comité électoral communal à Ziguinchor, qui s’est rendu à l’hôpital régional dans la nuit pour confirmer le décès. «Landing était un jeune gentil, respectueux, c’était un gosse très intelligent», témoigne Moustapha Goudiade, qui fréquentait la même école coranique. Lui aussi manifestait samedi, dans une autre rue. «Les jeunes ont seulement des pierres avec eux, et les policiers sont bien protégés», affirme-t-il.

«Coup d’État institutionnel»

Ziguinchor est le fief politique du principal opposant Ousmane Sonko, maire de la ville, actuellement en détention. Vendredi déjà, des manifestations se sont tenues dans plusieurs villes du pays, dont Dakar, pour contester ce que beaucoup qualifient de «coup d’État institutionnel» . Une mobilisation fermement réprimée par les forces de l’ordre, qui ont usé de grenades lacrymogènes. Certains manifestants affirment avoir été témoins de tirs à balles réelles.

À Dakar, Modou Guèye, un marchand ambulant, a succombé samedi matin à une blessure par balle, selon ses proches. À Saint-Louis, dans le nord-est du pays, un autre étudiant, Alpha Yoro Tounkara, est également décédé. Les circonstances de sa mort restent inconnues. Les appels à la mobilisation se multiplient au Sénégal depuis le report de l’élection, voté le 5 février par l’Assemblée nationale.

Mercredi, le«Collectif des candidats de l’opposition» a lancé un appel à la grève, notamment dans le secteur de l’éducation. La plateforme de la société civile Aar Sunu Élection («Protégeons notre élection») a appelé à une grande marche nationale le 13 février.

Dans sa première sortie médiatique depuis l’annonce du report, le président Macky Sall a justifié sa décision vendredi lors d’un entretien accordé à l’agence Associated Press (AP). «Je ne cherche absolument rien d’autre que de laisser un pays en paix et stable», a-t-il déclaré. Il s’est également engagé à «apaiser la situation». Plusieurs candidats de l’opposition ont entamé des procédures en justice auprès de la Cour suprême et du Conseil constitutionnel pour obliger le chef de l’État à faire machine arrière.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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