En Belgique, un imam récite une sourate du Coran au Parlement bruxellois

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Capture d’écran montrant un imam au Parlement bruxellois le 13 janvier 2024.
Capture d’écran

La vidéo, relayée notamment par le député fédéral et ancien secrétaire d’État à l’Immigration Theo Francken, fait polémique.

Correspondante à Bruxelles

Les images ont suscité des réactions d’indignation en Belgique et au-delà. Vendredi, une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux montrant un imam, Muhammad Ansar Butt, réciter une sourate du Coran à la tribune du Parlement bruxellois après avoir été décoré. La scène, qui n’avait pas filtré jusque-là, s’est déroulée le 13 janvier dernier, lors d’un événement avec remise de prix organisé par le vice-président de l’Assemblée, Hasan Koyuncu (PS), avec l’association Friends Of Brussels. C’est l’imam lui-même, d’origine pakistanaise et qui vit à Leeuw-Saint-Pierre (Brabant flamand), qui a posté la séquence sur Facebook. Avant de la retirer.

Le député fédéral Theo Francken et ancien secrétaire d’État à la migration (N-VA) a relayé la vidéo sur X – anciennement Twitter-, l’assortissant d’un très long message. «Bruxelles, autrefois libérale, ressemble à une ville perdue. À tous les niveaux», a-t-il déploré, reprochant au PS de s’«incliner plus profondément que jamais devant les faveurs des musulmans» et dénonçant «des scènes de soumission inédites». David Leisterh, le chef de file bruxellois du Mouvement réformateur (MR), parti libéral de centre droit, a demandé la création d’une commission sur le sujet. «Des siècles de luttes de religion nous regardent. Comment pourrait-on accepter de tels agissements ? Voilà à quoi sert la neutralité. Mon groupe demande des comptes», a-t-il expliqué.

«Absolument horrifiée»

Vendredi soir, Idit Rosenzweig-Abu, l’ambassadrice d’Israël en Belgique et au Luxemboug, s’est dite «absolument horrifiée de découvrir qu’au Parlement de Bruxelles, un prédicateur musulman invité a choisi de réciter des extraits de la sourate “Al-Ahzab”, une sourate sur une bataille entre musulmans et juifs». Il s’agit d’«une sourate qui appelle explicitement (verset 26) à tuer et à rendre captifs les Juifs», souligne la diplomate, tout en rappelant la montée de l’antisémitisme et de la peur à Bruxelles où vivent 18.000 juifs. Le leader d’extrême droite Geert Wilders, dont le parti est arrivé en tête aux élections législatives aux Pays-Bas, a choisi de surfer sur cette affaire, postant de commentaire sur X : «Un imam pakistanais au Parlement de Bruxelles. 2024. La Belgique est perdue».

Dans les rangs du PS, cette affaire crée d’autant plus d’embarras que les Belges voteront dans moins de quatre mois pour élire leurs représentants au Parlement fédéral et dans les Parlements régionaux. La secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des chances (PS), Nawal Ben Hamou, a participé à cet événement et a même décoré cet imam. Mais son entourage a fait savoir vendredi qu’elle a quitté les lieux quand celui-ci a commencé à réciter des versets du Coran. Rachid Madrane, membre du PS et président du Parlement bruxellois, est également monté en première ligne pour éteindre la polémique, soulignant que les députés peuvent organiser des événements et que l’institution reçoit d’ailleurs quelque 10.000 visiteurs par an.

Il a également indiqué à l’agence Belga qu’une lettre allait être adressée au vice-président de l’Assemblée Hasan Koyuncu et à l’ensemble des présidents des différents groupes politique pour leur rappeler que la neutralité devait s’appliquer au Parlement de Bruxelles. Le président du Parlement bruxellois envisage également de faire inscrire ce point dans le règlement de l’institution. «Le Parlement est le temple de la démocratie : ce n’est ni une mosquée, ni une église.»

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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