« Face aux nouvelles réalités du cancer, soyons unis pour frapper plus fort »

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En 2003, la France se lançait résolument dans la lutte contre le cancer grâce au premier plan Cancer. Pour la première fois, un pays mettait en place un plan de lutte global contre une maladie ; il s’agissait alors d’un tournant majeur des politiques publiques de santé.

Vingt ans plus tard, les progrès ont été nombreux et ont redéfini les réalités associées aux cancers. L’arrivée d’innovations thérapeutiques majeures (immunothérapies, thérapies ciblées, anticorps conjugués…) a permis d’améliorer significativement la prise en charge des patients et le pronostic. Dans les cancers du poumon, par exemple, considérés de mauvais pronostic, la survie à deux ans des patients suivis à l’hôpital a été doublée en vingt ans (étude KBP 2020). Dans le même temps, les innovations organisationnelles et les soins de support ont offert aux patients de nouvelles possibilités en matière de qualité de vie.

Le visage de la maladie se transforme. Pour les patients, ces nouvelles perspectives sont porteuses d’un véritable espoir de vie : à l’incurabilité souvent associée au cancer succède la possibilité d’une chronicisation, voire d’une guérison. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de la lutte contre la maladie du siècle.

Aujourd’hui, la France doit consolider son avance en matière de lutte contre le cancer, qui demeure la première cause de mortalité dans notre pays − 160 000 patients en décèdent encore chaque année, et le taux d’incidence a doublé depuis 1990. En 2018, près de quatre millions de Français ont reçu un diagnostic de cancer. On estime également qu’un homme sur deux et une femme sur trois se verront diagnostiquer un cancer avant l’âge de 85 ans. Nous sommes bien tous concernés par ces maladies, en tant que patients, proches ou aidants.

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C’est pourquoi la fédération française des centres de lutte contre le cancer Unicancer, l’association Patients en réseau et le laboratoire MSD lancent le collectif Face au(x) cancer(s), qui entend contribuer à changer le regard sur la maladie et à adapter les politiques publiques et les pratiques de demain. Alors même que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que les cas de cancer pourraient augmenter d’environ 77 % dans le monde d’ici à 2050, cet effort collaboratif est d’autant plus nécessaire pour proposer des recommandations en amont du point d’étape 2025 de la stratégie décennale de lutte contre le cancer.

Préserver l’accès à l’emploi des patients

Nous avons aujourd’hui deux grands défis à relever.

Tout d’abord, prolonger et améliorer la qualité de vie des patients atteints d’un cancer, en prenant mieux en compte leur expérience dans la conception des parcours de soins et surtout en améliorant leur intégration au sein de la société, un aspect parfois méconnu et pourtant central dans la qualité de la prise en charge. La perspective de chronicisation de certains cancers grâce aux progrès thérapeutiques de ces dernières années offre désormais de nouveaux horizons pour les patients. Pour autant, les malades peinent à garder une vie « normale » : ainsi, 20 % des 18-54 ans en emploi au moment du diagnostic de leur cancer ne travaillent plus cinq ans après. Assurons-nous que les patients qui le souhaitent puissent préserver leur accès à l’emploi, en inscrivant à l’agenda social la reconnaissance d’un statut de patient ouvrant des droits professionnels et sociaux spécifiques.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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