L’atterrissage réussi de Nova-C signe le retour des Américains sur la Lune

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En posant avec succès sur la Lune son atterrisseur Nova-C, baptisé Odysseus, la compagnie américaine Intuitive Machines a, dans la nuit du 22 au 23 février, coché trois symboles. Elle a tout d’abord marqué le retour des Etats-Unis sur notre satellite naturel après plus d’un demi-siècle d’absence. La dernière fois qu’un engin made in USA avait enfoncé ses pattes métalliques dans le régolithe lunaire remontait en effet à 1972 avec les missions Apollo-16 (en avril de cette année-là) et Apollo-17 (en décembre).

Alors même que les retards s’accumulent pour le programme Artemis grâce auquel la NASA compte renvoyer des humains sur la Lune, alors que de nouveaux acteurs – la Chine, l’Inde, le Japon – sont entrés dans le club fermé des pays capables de se poser sur l’astre de la nuit, il était temps pour les Etats-Unis de montrer qu’ils restaient bien dans la course.

Le deuxième symbole est à chercher dans l’identité de l’opérateur. Dans la liste des alunissages réussis, celui d’Odysseus est le premier signé par une société privée. Qui plus est par une jeune entreprise car Intuitive Machines n’a été fondée qu’en 2013. D’autres avant elle avaient tenté leur chance et échoué, la dernière en date étant l’américaine Astrobiotic Technology dont la mission Peregrine a avorté en janvier en raison d’une fuite de carburant peu après son décollage.

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Il faut toutefois souligner que les atterrisseurs Odysseus et Peregrine, tout en étant conçus et contrôlés par des sociétés privées, restent d’une certaine façon sous l’égide de la NASA car leur financement provient du programme CLPS (Commercial Lunar Payload Services) de l’agence spatiale américaine. Celle-ci a en effet décidé de sous-traiter à un secteur privé en pleine effervescence les missions robotiques sur la Lune, tout comme elle a confié à la société SpaceX d’Elon Musk le transport de ses astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS). Une manière à la fois de faire des économies et de stimuler les acteurs du « New Space ». Notons au passage qu’Odysseus avait quitté la Terre le 15 février à bord d’une fusée Falcon-9 de SpaceX. Pour cette mission, Intuitive Machines a reçu 118 millions de dollars de la NASA dans le cadre de CLPS.

Le cratère Malapert-A, nouvel eldorado des agences spatiales

Le troisième et dernier symbole de cet atterrissage tient au lieu retenu : Odysseus, qui ressemble à un bidon debout sur six pattes, s’est posé à 300 kilomètres du pôle Sud lunaire, dans le cratère Malapert-A.

Cette région polaire est devenue le nouvel eldorado des agences spatiales, en raison des réserves en glace d’eau contenues dans son sol. Si elle pouvait être exploitée, cette eau serait précieuse pour la vie dans de futures bases mais aussi pour fournir de l’hydrogène et de l’oxygène qui alimenteraient les moteurs d’engins redécollant de la Lune après avoir fait le plein. L’appareil d’Intuitive Machines est le second à prendre pied dans la région, après la sonde indienne Chandrayaan-3, en 2023.

Même si les symboles s’avèrent forts, la mission d’Odysseus n’aura, sur le terrain, que des ambitions modestes, tout simplement parce qu’elle ne durera que sept jours. Sur le plan scientifique, les quelques instruments embarqués étudieront surtout le proche environnement de l’engin et l’effet que l’atterrissage a eu sur le sol. Au-delà de cette semaine d’activité, la nuit lunaire et ses températures plus que glaciales devraient avoir raison de la machine.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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