Un monde de tech – Mexique: inquiétudes après la fuite des données de 300 journalistes

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Au Mexique, les défenseurs de la liberté de la presse sont inquiets à cause d’une fuite sur internet qui les concerne. Vendredi dernier, un expert en cybersécurité a révélé la fuite des informations personnelles de plus de 300 journalistes. La fuite proviendrait d’une base de données du Palais. Il s’agirait principalement de journalistes accrédités pour assister aux conférences de presse du président, notamment en 2021. Jusqu’ici, le gouvernement est resté silencieux. Il n’a fourni aucune explication sur ce qu’il s’est passé. Dans un pays comme le Mexique, parmi les plus dangereux pour les professionnels de la presse, cette fuite constitue un risque important.

de notre correspondante à Mexico,

Il s’agit de données sensibles comme les identités avec photos, l’adresse, et la date de naissance. Au moins 319 journalistes et photographes sont concernés, mexicains principalement, mais il y a aussi des correspondants étrangers. Concrètement, les dossiers qui ont fuité comprennent les passeports, cartes d’identités, d’électeurs ou même permis de conduire. Ce sont des informations qui sont demandées généralement et que l’on donne pour pouvoir être autorisé à assister aux conférences de presse. Cette fuite révèle les défauts de sécurité de la présidence mexicaine qui était chargée de garder ces informations. Elles ont été en ligne,  accessibles sur un forum spécialisé où l’on trouve justement des informations hackées. Elles étaient en libre accès, puis diffusées en partie sur les réseaux sociaux.

Cela pose un problème quand on connait la situation difficile de la presse au Mexique qui comptabilise 163 journalistes assassinés et 32 disparus, sans que l’Etat prenne de mesures.

Plusieurs journalistes concernés par cette fuite ont exprimé leur inquiétude et demandé qu’une enquête soit faite. L’Association de la défense de la liberté d’expression Article 19 a partagé sa préoccupation, surtout du fait que les journalistes visés font partie de ceux accrédités par la présidence et dont le rôle est souvent d’alerter sur les menaces et la persécution dont est victime la presse dans le pays. Au Mexique, le manque de protection des journalistes est fréquemment pointé du doigt. Le gouvernement ne prend aucune mesure malgré les agressions envers les journalistes et les meurtres. Il y a eu 5 journalistes assassinés en 2023, ce qui fait du Mexique le pays le plus dangereux pour la presse pour un Etat en paix.

Article 19 critique aussi les failles des systèmes informatiques du gouvernement qui ont permis la fuite et qui mettent à risque l’intimité, mais également la sécurité physique des journalistes. Elle leur demande à chacun d’activer un protocole de sécurité personnel et de prendre des mesures pour renforcer leur sécurité numérique. Mais le risque est toujours là, car le fait est que leurs informations ont déjà filtré. Elles ont déjà pu être téléchargées par n’importe qui.

Source du contenu: www.rfi.fr

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