Alberth Elis, joueur des Girondins de Bordeaux, placé dans un « coma artificiel protecteur » après un choc à la tête

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L’attaquant hondurien des Girondins de Bordeaux, Alberth Elis, est toujours hospitalisé, dimanche 25 février, à la suite d’un gros choc à la tête subi lors d’un duel aérien au début du match contre Guingamp, samedi, à l’occasion de la 26e journée de Ligue 2.

Le joueur de 28 ans, « victime d’un traumatisme crânien », a subi « une intervention chirurgicale dans la nuit » au CHU Pellegrin, à Bordeaux, où il reste placé « dans un coma artificiel protecteur », a fait savoir dimanche le club girondin. « Il est encore impossible de se prononcer sur le pronostic vital et fonctionnel » d’Alberth Elis, a précisé Bordeaux.

Le choc subi par Elis a eu lieu après à peine quarante secondes de jeu quand, à la réception d’un centre, le Bordelais a heurté la tête du défenseur guingampais Donatien Gomis. Si ce dernier a rapidement retrouvé ses esprits, Elis a, lui, été sérieusement sonné et soigné pendant de longues minutes avant d’être évacué.

Elis, 28 ans, surnommé « la Panthère », est une star du football hondurien (64 sélections, 13 buts), qui s’est fait connaître en MLS à Houston avant de tenter l’aventure européenne en 2020 à Boavista (Portugal), détenu en partie par Gerard Lopez, le propriétaire des Girondins. Lors de sa première saison à Bordeaux, en 2021-2022, il inscrit 9 buts en 20 matchs en L1 mais n’a pu empêcher la relégation du club. Après un passage en prêt à Brest en Ligue 1, il est revenu à Bordeaux à l’été 2023.

Un « protocole commotion » pour remplacer le joueur

Son hospitalisation va de nouveau alimenter le débat sur la gestion des commotions cérébrales dans le football. « La saison dernière, il y a eu 25 commotions cérébrales pour plus de 800 matchs professionnels en France, soit une commotion tous les 50 à 60 matches, a déclaré à l’AFP Emmanuel Orhant, directeur médical de la Fédération française de football (FFF). Cette année, on a eu 5 commotions, soit une commotion tous les 80 matchs. Au Top 14 de rugby, c’est une commotion tous les deux matchs. Donc, il n’y a pas beaucoup de situations de ce genre dans le football mais ce n’est pas pour ça qu’il ne faut pas prendre au sérieux ce problème. »

Selon l’article 588 du règlement de la Ligue de football professionnel (LFP), « toute commotion cérébrale survenue à l’entraînement ou dans le cadre d’une rencontre (…) nécessite une prise en charge par le staff médical de l’équipe ou, à défaut, par le médecin réanimateur de terrain durant trois minutes ». « Il est obligatoire qu’un examen d’expertise soit réalisé dans les soixante-douze heures suivant la commotion par un médecin expert dans la prise en charge des commotions cérébrales » et « le retour à la compétition doit se faire progressivement », selon « un protocole en 6 étapes » défini par la FFF.

Depuis 2020, l’International Board (IFAB), gardien des règles du football mondial, a par ailleurs lancé une expérimentation en autorisant les organisateurs de compétition à tester des protocoles commotion permettant de remplacer définitivement un joueur par équipe en cas de choc suspicieux, en dehors de la règle des cinq remplacements maximum. La France fait partie des pays ayant mis en place ces essais. « Cela fait deux ans que l’on fait ça, ce qui permet de ne pas impacter l’équipe et d’éviter toute pression sur le médecin de la part de l’entraîneur », a expliqué Emmanuel Orhant.

Avant Alberth Elis, d’autres joueurs ont été récemment victimes de blessures similaires. En début de saison, le champion du monde 2018 français Samuel Umtiti, sonné dans un violent choc avec le Japonais Junya Ito, avait été hospitalisé après avoir repris le cours du match entre Lille et Reims (1-2) et avoir fait un malaise dans le vestiaire à la mi-temps. En Espagne, le joueur du FC Barcelone Ronald Araujo avait également été évacué à l’hôpital après un gros contact avec son équipier Gavi contre le Celta Vigo, en 2022.

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Le cas le plus emblématique reste celui de Petr Cech en 2006. Le gardien de Chelsea avait reçu en plein visage le genou d’un joueur de Reading et avait été soigné hors du terrain avant d’être transporté à l’hôpital. Il a ensuite porté un casque jusqu’à la fin de sa carrière.

Le Monde avec AFP

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