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Biathlon : l’équipe de France s’offre son premier titre mondial sur le relais féminin

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Biathlon : l’équipe de France s’offre son premier titre mondial sur le relais féminin
Julia Simon, Justine Braisaz-Bouchet, Sophie Chauveau et Lou Jeanmonnot, championnes du monde du relais féminin de biathlon, à Nove Mesto, en République tchèque, le 17 février 2024.

Pour l’équipe de France de biathlon, les relais passent et ils se ressemblent. Aux Mondiaux de Nove Mesto, en République tchèque, le clan tricolore a décroché, samedi 17 février, ses troisième et quatrième médailles en quatre épreuves collectives.

Les Françaises, grandes favorites du relais féminin, ont assumé leur statut avec autorité, malgré quelques frayeurs après des erreurs sur le pas de tir. Lou Jeanmonnot, Sophie Chauveau, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon – parties respectivement dans cet ordre – se sont imposées avec 38 secondes d’avance sur la Suède. Les Allemandes complètent le podium.

Ce succès a une saveur d’autant plus particulière que les quatre Bleues entrent dans l’histoire du biathlon tricolore : elles offrent à l’équipe de France féminine son tout premier titre de championne du monde sur la spécialité. Avant elles, seules Corinne Niogret, Véronique Claudel et Anne Briand-Bouthiaux avaient gagné cette course lors d’un grand rendez-vous international. C’était il y a plus de trente ans, lors des Jeux olympiques d’Albertville, en 1992.

Avec quatre médailles en relais et six récompenses individuelles, la France domine le classement des médailles de ces championnats du monde – dix au total : cinq d’or, une d’argent et quatre de bronze. La Norvège, deuxième, a certes signé plus de podiums, mais ses membres sont moins souvent invités sur la plus haute marche (onze médailles : trois d’or, cinq en argent et trois en bronze). L’Italie est troisième, avec trois récompenses.

« Le vrai objectif collectif, c’est le relais femmes »

Les Bleues avaient coché l’épreuve depuis longtemps sur le calendrier. « Le vrai objectif collectif, c’est le relais femmes, sur lequel j’attends qu’on aborde les choses en qualité de favoris, d’assumer ce statut et de produire du beau biathlon », affirmait Cyril Burdet, l’entraîneur du groupe féminin, avant même le début des Mondiaux. « Sur le papier, on est vraiment les meilleures, ça m’énerverait vraiment qu’on ne l’ait pas », évoquait avec ambition Lou Jeanmonnot, jeudi soir, après sa victoire en relais mixte simple avec Quentin Fillon Maillet.

Sous les nuages tchèques, l’équipe de France avait fière allure. Et comme huit jours plus tôt, où elles s’étaient offert un quadruplé historique lors du sprint, Lou Jeanmonnot, Sophie Chauveau, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon ont assommé leurs adversaires du jour.

Implacable sur le pas de tir (10/10) comme depuis le début de la compétition, Lou Jeanmonnot a parfaitement débuté le relais en lançant Sophie Chauveau en tête, avec 16 secondes d’avance sur la Norvège. Toutefois, cette dernière n’a pas skié sur les traces de sa partenaire et s’est montrée très friable derrière la carabine. La jeune biathlète, 24 ans, a été contrainte de se rendre sur l’anneau de pénalité à deux reprises – une fois après le tir couché, une autre après le debout.

« J’ai vécu un calvaire, je suis super frustrée, a-t-elle expliqué au micro de La Chaîne L’Equipe après son passage. C’est dur de se dire que j’ai fait une course si mauvaise dans une équipe si forte. Je vais me mettre à genoux devant les filles pour m’excuser et les remercier pour la victoire. »

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Au moment de s’élancer en troisième position, Justine Braisaz-Bouchet accusait un retard de 45 secondes sur les Estonniennes, étonnantes premières à la mi-course. Comme lors de ses dernières sorties, la Savoyarde est allée très vite sur les skis. Grâce à son adresse au tir – une pioche –, elle a même rattrapé l’entièreté du retard des Bleues pour passer le relais à Julia Simon, de nouveau en tête.

Les sourires étaient alors de retour côté tricolore tant la Française de 27 ans règne sur ces championnats du monde (trois médailles d’or et une en bronze) et ne semblait pouvoir être inquiétée par personne. Si ce n’est par elle-même. Après une erreur sans conséquence sur le tir couché, Julia Simon s’est fait un peu peur sur le debout, manquant trois cibles sur ses premières balles, mais elle s’est immédiatement reprise avec les balles de pioche pour ne laisser aucun espoir à ses rivales et filer vers la ligne d’arrivée avec une avance confortable sur la Suédoise Elvira Oeberg.

Miraculés, les hommes en bronze

Un peu plus tard, au terme d’une course pleine de rebondissements, leurs homologues masculins, tenant du titre, ont obtenu une médaille de bronze. Distancés tout le long de l’épreuve, Eric Perrot, Fabien Claude, Emilien Jacquelin et Quentin Fillon Maillet ont finalement terminé à 12 secondes des Suèdois, vainqueurs du jour.

Dernier relayeur, « QFM » a réalisé une remontée spectaculaire mais il a manqué d’énergie pour gagner son sprint contre le Norvégien Vetle Sjastad Christiansen, qui permet aux siens de prendre la deuxième place. Huitièmes à la mi-course après les trois tours de pénalité d’Eric Perrot et de Fabien Claude – un pour le premier, deux pour le second –, les Français se sont montrés satisfaits de leur classement final.

« C’était complètement dingue. Cette course prouve que même les meilleurs, avec beaucoup d’expérience, peuvent louper leurs tirs, développait Emilien Jacquelin auprès du diffuseur. C’est dur physiquement pour tout le monde après deux semaines de compétition. On est content du podium, car c’était loin d’être gagné. Cette médaille vaut beaucoup à nos yeux, je crois que l’on a le droit d’être heureux. »

Longtemps en tête, les Norvégiens, ultrafavoris pour succéder aux Bleus, se sont écroulés en fin de course. Vetle Sjastad Christiansen est même parti faire trois tours de pénalité. Preuve qu’au biathlon, « rien n’est jamais fini », rappelait malicieusement Emilien Jacquelin, sa médaille de bronze autour du cou.

Source du contenu: www.lemonde.fr

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